A St-Nazaire, STX sous-traite 75 % de la fabrication de ses navires

Bertrand Paquet, directeur des achats de STX France

Bertrand Paquet, directeur des achats de STX France

Avec un carnet de commandes incluant dix navires d’ici 2020 et quatre options supplémentaires à l’horizon 2025, STX France représente non seulement un fleuron de l’économie nationale mais également un véritable poumon économique pour St-Nazaire et toute la région. Le champion des paquebots de croisière fait travailler 200 sous-traitants, auxquels s’ajoutent autant de fournisseurs d’équipements. Les premiers interviennent dans les secteurs de la métallerie, de la tuyauterie, de l’électricité, de la mécanique, du conditionnement de l’air ou encore de l’agencement des locaux, qu’ils soient techniques ou publics (cabines). Selon les constructions, de 75 à 80 % du chiffre d’affaires est externalisé. « Nous avons fait le choix de nous focaliser sur notre cœur de métier, explique Bertrand Paquet, directeur des achats, à savoir la conception, la réalisation de la coque métallique et, bien sûr, la coordination des sous-traitants et équipementiers. »

Le plan de progrès SmartYard 2020, dans lequel les chantiers navals se sont engagés, implique les sous-traitants de l’entreprise. « Nous attendons des co-réalisateurs avec lesquels nous travaillons qu’ils s’engagent de la même manière sur leur propre plan de progrès », poursuit Bertrand Paquet. STX veut devenir pour ses clients armateurs la référence mondiale pour les très grands navires (plus de 400 m). « Cela passe par la performance, l’anticipation par l’innovation et la force du collectif », détaille le directeur des achats. Jusque-là, les carnets de commandes comprenaient un prototype suivi d’un navire de série. Désormais, derrière chaque prototype, les séries sont composées de quatre ou cinq unités. Cela permet d’amortir les investissements des plans de progrès sur un volume d’affaires plus importants. Sur ce marché ultra concurrentiel, c’est un élément de compétitivité de premier plan. Il amène l’entreprise à privilégier l’innovation, l’amélioration de l’échange de données ou encore le déploiement de l’usine intelligente.

« Nous avons la volonté de négocier avec nos co-réalisateurs des accords de long terme couvrant l’intégralité de notre carnet de commandes, poursuit Bertrand Paquet. En contrepartie de cette visibilité, nous leur demandons d’investir en capacités, en compétence, en qualité/conformité et en efficience  / prix afin de nous rejoindre sur nos objectifs budgétaires très tendus. »

Avec la coopération du cabinet nantais POP, STX a déployé une méthodologie de lean management. Une convention a même été signée avec la région Pays de Loire pour le financement d’une partie de ce programme collaboratif. Une convention à laquelle sont évidemment associés les sous-traitants des chantiers.

 

MEX : Derrière chaque prototype, les séries sont désormais composées de quatre ou cinq unités